Bilan 2025 : l’année la plus meurtrière et économiquement la plus fragile pour le journalisme
Résumé. 2025 a combiné trois tendances qui se renforcent mutuellement : la violence meurtrière contre les journalistes a atteint un nouveau sommet, la base économique des médias indépendants s’est détériorée, et la pression politique sur la presse s’est étendue à des démocraties établies.
1. Violence
Le CPJ a recensé 129 journalistes et employés des médias tués, le chiffre le plus élevé depuis 1992, avec Gaza comme épicentre. Les frappes contre la tente de presse près de l’hôpital al-Chifa et contre l’hôpital Nasser ont concentré l’attention internationale.
2. Économie
RSF a situé l’indicateur économique de son classement à des niveaux historiquement bas. Le gel des fonds des médias publics internationaux des États-Unis et le retrait du financement fédéral de la radiodiffusion publique ont touché des centaines de rédactions.
3. Pression politique
L’exclusion de l’agence AP, les nouvelles règles d’accès au Pentagone et la suspension temporaire de l’émission de Jimmy Kimmel après l’intervention du régulateur ont marqué une année de tensions inédites entre la Maison Blanche et les médias. En Europe, la condamnation de journalistes en Géorgie et en Biélorussie — distingués par le prix Sakharov — et des arrestations en Turquie ont confirmé l’usage de la prison contre la presse.
4. Signes positifs
La pleine application du règlement européen sur la liberté des médias et la réponse collective des journalistes du Pentagone, indépendamment de leur ligne éditoriale, montrent qu’il existe des cadres et des pratiques de défense de la profession.